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15/03/2008

Euthanasie et Dignité... ça se discute!

Le "sujet du jour" sur la LibreBlogs semble être l'euthanasie réclamée par Chantal Sebire au président français.  Pour l'instant, 2 bloggueurs sont pour qu'on lui accorde ce droit et une pense que c'est discutable...  Pour équilibrer les choses, je dirai donc que moi aussi je trouve ça TRES discutable.

Pour Serge Schoonbroodt, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase... et qui le fait rejeter cette France de droite conservatrice et incapable d'évoluer, porte-drapeau de l'Eglise conservatrice...  Zurbain voudrait aussi que la France légifère et autorise l'euthanasie.

A contrario, j'aime bien les questions que (se) pose Indignités.  A savoir: "Est-il plus digne de se suicider que d'aller jusqu'au bout? La mort doit-elle être propre et indolore pour être digne? Faut-il mourir si on est dans une situation que l'on juge indigne?"

Ce sont des questions très philosophiques et très difficiles...  Néanmoins, "donner la mort" même si celle-ci est demandée, est contraire au serment d'Hypocrate :

"Dans toute la mesure de mes forces et de mes connaissances, je conseillerai aux malades le régime de vie capable de les soulager et j’écarterai d’eux tout ce qui peut leur être contraire ou nuisible. Jamais je ne remettrai du poison, même si on me le demande, et je ne conseillerai pas d’y recourir."

Toutefois, le serment d'Hypocrate n'est plus celui que prêtent tous les médecins...  Il est à présent remplacé par le "serment médical" qui lui dit ceci :

"Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément." (source: Droit Médical.net)

Dans ce serment, on évite "l'acharnement thérapeutique" mais on interdit toujours l'euthanasie.  Peut-être que d'ici quelques années, ce texte sera encore modifié...

En Belgique l'euthanasie est légalisée avec tout de même quelques gardes-fous:

"-Les médecins peuvent pratiquer cet acte sur des patients majeurs (18 ans), qui doivent formuler leur requête par écrit.
-U
n patient souhaitant mourir doit être dans un état de santé irréversible et être en proie à des souffrances tant physiques que psychologiques de façon constante.
-S'il ne s'agit pas d'un malade en phase terminale, le médecin auquel la demande est soumise doit consulter un confrère, soit un psychiatre soit un médecin spécialisé.
-Au moins un mois doit s'écouler entre la demande écrite et la pratique de l'acte." (source:Actualités du droit et de la santé)

Comme Indignités, je pense qu'une loi n'est pas vraiment nécessaire et qu'il y a certainement "moyen de s'arranger" le cas échéant...  Mais comme elle aussi, je ne vois pas ce qui est indigne de souffrir sa mort jusqu'au bout?!?  La personne qui souffre jusqu'au bout serait-elle moins digne que celle qui abandonne le combat (et encore pas seule mais avec l'assitance de quelqu'un d'autre).

Tous ceux qui sont tellement pour l'euthanasie accepteraient-ils de la donner eux-même?  Moi, personnellement je ne voudrais pas le faire... 

Par analogie, tout ceux qui se suicident sont des gens qui pour une raison ou une autre (mais qui peux juger si elles sont plus ou moins valables?) veulent en finir et partir "dignement" plutôt que de continuer à supporter leur situation devenue invivable... 

Tueriez-VOUS de tels candidats aux suicides se présentant à VOUS? 

Moi je comprends que des responsables politiques ne veuillent pas endosser cette responsabilité... 

Signé Sk1ppy! ;-) 

Commentaires

Cher Sk1ppy,
Personnellement je suis contre l'euthanasie ET contre les souffrances inutiles. Les lois ne me semblent pas la solution...Mais elles sont là. Ne rien faire ne me semble pas la solution.
Certaines personnes sont victimes d'acharnement thérapeuthique, d'autres ont juste une dépressions... entre les deux tout existe. Pour l'instant je n'ai pas la prétention de proposer LA solution... Pour l'instant je suggérerai au moins que la loi actuelle soit fortement revue et que seuls quelques médecins (un par provinces pex) puissent pratiquer cet acte et que les peines encourues pour un médecin non respectueux soient proche de celles pour homicide volontaire. Je suis pour aussi que (lorsque ils existent et sont suffisament proches) deux parents confirment la demande. Enfin je pense que comme pour une demande d'asile (bien que dans ce cas ce soit la cata), un comité assez large valide ou non la demande...
Pour résumer : étant dans un pays l'autorisant, la meilleure chôse à faire est de mieux contrôler cet acte.
Je suis hélas convaincu que des abus ou des euthanasies non justifiées sont réalisées.
Demain on programmera la date de naissance? Le sexe? Le patrimoine génétique? Vous riez? Mais sachez que nous y sommes déjà !!! Les lois de l'éthique sont un enjeux au moins aussi important que l'écologie... Mais peu s'en rendent compte.

Écrit par : Politicus | 15/03/2008

je ne pense pas qu'il s'agisse de "dignité", mais d'une demande suite à une exaspération due à des souffrances continues qu'on ne peut plus endiguer..
je pense que des personnes en souffrance intolérable n'ont plus en tête la notion de "dignité". elles ont juste le désir de ne plus souffrir.mourir "digne", cela at il vraiment un sens?
par contre , soulager et quand on ne peut plus ,arrêter les souffrances, ça en a un..
bien sûr, il y a toutes les dérives..
mais est ce une raison pour ne rien voir et ne rien faire..?

Écrit par : laine | 15/03/2008

La Vie, la Mort... dernière zone de contrôle de nos états quasi totalitaire!
Qu'est donc l'état, qui sont donc ces philosophes qui se permettent de juger pour les autres?
De quel droit suprême se targe-t-on pour autoriser à vivre ou à mourir? Ou, comme ici, pour interdire de cesser de souffrir.
Quand votre vie se résume à la souffrance, quand votre avenir n'est que souffrance, il n'est que légitime d'avoir le choix de cesser de vivre.

De quel droit vous, ou vous, vous auriez le droit de décider de MA vie. MA vie, c'est peut être encore le seule chose avec mes pensées et mes rêves que je peux vraiment controler dans ce monde. Tout le reste est codifié, légiféré, organisé.

JE ne considère pas avoir le DROIT de décider pour un autre!
Réfléchissez un peu bon dieu et passons la question au filtre de bon sens et de la 'morale':
-cette personne représente-t-elle un danger pour les autres?
-son acte porte-t-il préjudice à quiconque?
-va-t-elle manquer de respect?
en bref, si je regarde bien, le fait que cette personne préfère disparaître plutot que continuer sa vie de souffrance ne portera préjudice à personne! Ne manquera de respect à personne! Ne causera de tort à personne! Alors trouvez moi UNE seule raison valable pour lui interdire de partir.

-Dignité? Indignité? On s'en fout au final non? C'est juste le droit que tout un chacun à de vivre ou de mourir.
Par contre, il est utile de légiférer autour pour éviter les abus (style les enfants et l'héritage...)
Pour le reste, j'ai pas choisi de naître, peut être aurais je le choix de choisir ma mort le jour venu?

Écrit par : Chaos Theory | 15/03/2008

M A L A D I E : Esthésioneuroblastome

N° Orphanet
ORPHA1957
L'esthesioneuroblastome ou neuroblastome olfactif est une tumeur très rare se développant aux dépens du nerf olfactif dans la cavité nasale. Moins de 1 000 cas ont été publiés dans les vingt dernières années. Il existe deux pics de fréquence pour l'âge de survenue de cette tumeur, l'un situé vers 20 ans et l'autre vers 50 ans. Les causes de cette tumeur ne sont pas connues. Les anomalies génétiques les plus fréquentes sont une perte sur le chromosome 3p et un gain sur le chromosome 17q. Cette tumeur se développe lentement et surtout localement mais peut métastaser au niveau des ganglions cervicaux, des poumons, des os ou des méninges du cerveau. L'intervalle entre le premier signe et le diagnostic est en général de 6 mois. Les symptômes ne sont pas spécifiques mais les deux plus fréquents sont l'obstruction nasale et l'epistaxis. Le diagnostic précoce peut permettre une résection en bloc qui est un des principaux facteurs pronostiques. Les autres facteurs associés à un pronostic favorable sont le jeune âge, l'absence d'extension au-delà des sinus paranasals (Stade A de la classification de Kadish) et un bas grade histologique (gradation de Hyams). Le traitement repose sur une chirurgie maximale suivie d'une radiothérapie. La chimiothérapie peut être utilisée pour permettre une réduction tumorale avant la chirurgie ou pour traiter les métastases mais son rôle n'est pas fermement établi. Après la chirurgie, l'odorat peut être altéré voire perdu. La plupart des séries récentes rapportent des survies à 5 ans de l'ordre de 60 à 70%. Les récidives locales peuvent être rattrapées par un traitement de deuxième ligne. Dès la phase de diagnostic et de la chirurgie initiale, le traitement doit être confié à des équipes multidisciplinaires et, si possible, dans le cadre d'études prospectives pour augmenter les chances de guérison et la qualité de vie des patients. *Auteur : Dr J.Grill (février 2005)*

A lire la littérature médicale, il semble que cette maladie soit sinon curable, du moins traitable.
Avec tout le respect que l'on doit à la situation pénible de madame Sébire, il me semble que le problème est mal posé : il ne s'agit pas d'euthanasie mais bien de suicide médicalement assisté...
Confondre les niveaux de débat revient à faire porter par la société tout entière la responsabilité d'un acte personnel. Quelle limite mettre en effet au suicide médicalement assisté -si tant est qu'il venait à être légalement autorisé un jour- ?

Écrit par : Le Professeur | 16/03/2008

suicide ou euthanasie... pour moi, ça reste un peu la meme chose... nous n'avons pas le droit de disposer de la vie d'autrui...
Maintenant, si, comme vous le mentionner, il s'agit d'un suicide, elle pourrait le commettre elle même.
Peut être n'en a-t-elle pas le courage?
Le suicide ne devrait pas etre médicalement assistée. La de toute évidence, nous aurions une dérive.
Par contre, l'euthanasise devrait d'être médicalement contrôlée...

Écrit par : Chaos Theory | 16/03/2008

Amusant, l'article précédant s'intitulait: "Je vis toujours..."

Écrit par : himself | 16/03/2008

L'euthanasie : un sujet déliquat.

Il y a un an déjà, je me suis battue pour que l'on ne pratique pas l'euthanasie pour un proche. Envers et contre tout.
Aujourd'hui, je suis satisfaite, car si j'avais dû faire confiance au médecin concerné, ce proche ne serait plus de ce monde et pourtant la vie est présente et la famille heureuse de n'avoir pas accepter l'avis des médecins de l'époque.
Ce n'est pas les médecins qui doivent décider ou faire en sorte que la famille au bord de la tristesse, succombe et laisse faire. Trop facile, de ne pas donner un médicament pour apaiser la douleur et attendre que le patient après trois fois dise oui en l'absence de la famille. Trop facile de présenter le patient dans un coma provoqué par l'hôpital et de présenter à la famille qu'il faut pratiquer l'euthanasie comme remède. Eh oui, ce fût un combat dur, lourd, je ne regrette rien. Nous avons pas été influencés par l'abus médical concerné. Attention aux personnes âgées. Je suis contre l'euthanasie comme décrit actuellement, il faut absolument revoir le texte de loi, donner des limites et conditions plus sérieuses et préciser les maladies concernées.
Ce n'est pas à nous de décider de la mort d'autrui, sauf exception de phase finale (ce que je peux encore comprendre).

Voilà ce que je pense ..... Il y a des abus à l'heure actuelle dans certains hôpitaux, pour pouvoir remplir leur quota de chambre en soins palliatifs etc.....

A qui profite ce crime ?????

kopat.

Écrit par : Kopat | 17/03/2008

De fait, l'euthanasie est un problème difficile.
Il n'en reste pas moins que je pense que ce choix doit revenir au malade et au malade seul.
Nous ne sommes pas à sa place, nous ne ressentons pas ce qu'il ressent.
Un parent dut-il demander cet acte qu'en aucun cas je ne me permettrais de m'y opposer.
Je pense que la loi actuelle dispose de suffisamment de garde fou; Ainsi, il doit s'agir d'une demande répétée du patient.

Cette demande doit être fait dans un état de lucidité suffisant.
Je doute que des médecins "s'amuse" à faire souffrir quelqu'un ou le plonger dans un coma pour que l'euthanasie soit pratiquée. La meilleure preuve est que ce crime ne leur profite en rien... ils ont plutot intérêt à l'acharnement thérapeutique...

A la limite, le "crime" profie à la sécurité sociale. Je trouve particulièrement honteux d'ailleurs de parler de crime dans ce cas.

Encore un fois, je pense que ce sujet est très intime, liée à la personne, son expérience, son vécu, ses convictions. Il n'y a ni dignité, ni indignité à mourir en souffrant ou a demander l'euthanasie.

Chacun à droit à formuler SES choix pour autant qu'ils ne nuisent à personne.

Écrit par : Chaos Theory | 17/03/2008

Kopat ton témoignage me fait dresser les cheveux sur la tête. Oui, le risque existe que l'euthanasie devienne une norme. Et c'est très inquiétant.

Écrit par : Anne | 20/03/2008

Certains aimeraient voir l'euthanasie érigée en système de fin de vie...
Ce serait pratique pour régler le problème des pensions, par exemple.
Déjà aujourd'hui, vous ne pouvez plus vous faire placer un défibrillateur ventriculaire si vous avez plus de 72 ans.
Pourtant, la fibrillation ventriculaire est une sorte d'arrêt cardiaque, complication fréquente des greffes de valvules cardiaques.
Ce type d'intervention est toutefois rarement pratiquée chez un sujet jeune et en bonne santé...

Écrit par : Le Professeur | 21/03/2008

Professeur, c'est un autre débat...
Il n'est nullement question d'ériger l'euthanasie comme système.
c'ets un argument indécent et qui contrevient la liberté de chacun que de décider de vivre... ou mourir.

L'histoire du défibrillateur est une autre question lié aux coûts de la sécurité sociale; je ne m'y connais assez pour en dire plus sur le sujet. Mais ili est vrai que quand les coûts sont opposés à la santé d'une personne (j'en sais quelque chose, vu que ma maman n'a pu bénéficier du meilleur médicament à un moment crucial car "non reconnu et trop cher") il y a quelque chose d'indécent.

Mais je ne ferais néanmoins pas l'amalgamme avec de l'euthanasie...

Écrit par : Chaos Theory | 21/03/2008

Je soutiens l'idee de l'euthanasie.

Écrit par : mobile applications development | 25/09/2011

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